Résumé du livre “Champion dans la tête : comprendre et s’inspirer de la psychologie des champions”

 

Présentation du livre

Titre : Champion dans la tête : Comprendre et s’inspirer de la psychologie des champions
Auteur : François Ducasse

Thèmes : Passion / Troubles psychologiques / Gestion psychologique / Gestion mentale / Préparation / Stratégie / Discipline / Créativité / Concentration / Force émotionnelle / Lâcher prise / Identité / Ethique

 

Note générale du livre

18/20

 

Points forts du livre

– Une présentation à la fois globale et approfondie de la construction mentale des champions, ce qui en fait un véritable guide à lire et relire

– Une approche générale et souple, avec une mise en avant de la singularité de chaque sportif (l’auteur donne des clés pour devenir la meilleure version de soi-même, pas pour devenir un prototype universel)

– Une représentation imagée du parcours mental des champions, qui permet de mieux intégrer et travailler chaque chaînon du mental

– Une différenciation très instructive entre la phase de préparation (entraînement) qui repose sur la réflexion et la phase de création (compétition) qui repose sur le lâcher prise

– Des synthèses et listes de conseils pratiques, permettant de passer facilement à l’action après la lecture du livre

– Un style simple et percutant, appuyé par de nombreux exemples et citations

 

Points faibles du livre

– Un récapitulatif sous forme de 2 listes (comportements du mental ; régions du mental), qui manque un peu de simplicité et de clarté (listes partiellement communes et différentes)

– L’absence de la carte mentale dans l’édition broché (mais carte mentale téléchargeable en cliquant ici)

 

Résumé du livre

Questions abordées dans le livre :
– Comment transformer son rêve en projet d’action ?
– Comment libérer son talent en compétition ?
– Comment concilier souffrance et plaisir ?
– Comment développer une personnalité de champions ?
– Comment être un beau champion ?
– Quels sont les comportements d’excellence à évaluer et développer ?

Pour connaître les réponses à ces questions, il te suffit de lire le résumé du livre :

Lire le résumé du livre (40 minutes)

 

Introduction

Ce livre porte sur le fonctionnement du mental dans son ensemble, et sur les moyens de l’améliorer.

Il n’est pas uniquement focalisé sur la performance, les valeurs autour de la performance sont également évoquées.

Dans un souci de rigueur intellectuelle, l’auteur adopte une approche sérieuse et souple.
Le livre donne donc des pistes de compréhension et d’amélioration, mais il prend soin de ne pas livrer des recettes toutes faites et peu pertinentes.

Il est rappelé dans l’introduction que le sport est un symbole de la société actuelle, orientée vers la performance et le dépassement de soi.
Les enseignements du livre sont donc applicables en dehors du sport.

 

La carte du mental : le pays du rêve, la vallée du plan, et la terre de création

Comme vous l’avez probablement remarqué, le mental est souvent évoqué, mais rarement défini.

Dans ce livre, le mental est décrit sous forme de carte, avec plusieurs territoires et infrastructures.

Cette conceptualisation permet de mieux appréhender et travailler toutes les qualités mentales.

Le mental est ainsi caractérisé par 36 régions, qui se répartissent dans 3 grands territoires : le pays du Rêve, la vallée du Plan, et la terre de Création.

Le chemin du champion passe donc par ces territoires.
Et, il ne s’agit pas d’un aller simple, mais de voyages d’un territoire à l’autre, en fonction des besoins du moment.

Le pays du rêve renferme les qualités intimes et spontanées, liées au désir.
On y retrouve la passion, le plaisir, l’ambition, la motivation, l’idéal, l’enthousiasme.
En quoi tout ceci est-il important ? Tout simplement car le désir est notre moteur.
Ces qualités sont malheureusement fragiles et peuvent s’étioler, notamment lors des difficultés.
Autrement dit, le pays du rêve est un territoire sensible, où il est bon de venir régulièrement pour l’entretenir et se ressourcer.
Il s’agit de cultiver et d’écouter son désir ; de cultiver sa passion ou sa vocation, de prendre conscience d’un talent particulier.

La vallée du plan comporte des régions liées à l’apprentissage, à l’acquisition de connaissances et de techniques, aux moyens d’acquisition de connaissances et de techniques.
On y retrouve l’exigence, la discipline, l’intensité de la concentration, la générosité dans l’effort, la répétition, la détermination.
Ces qualités se manifestent dans l’environnement extérieur, et se forgent au contact de l’environnement extérieur.
Elles sont ainsi forgées par le travail, par la confrontation aux difficultés, par la relation avec les accompagnateurs.
Le plan, la recherche, et la préparation sont nécessaires pour donner forme au rêve et progresser dans la maîtrise de sa discipline.
Ces phases sont essentielles et donnent des armes pour la phase de compétition, de création.
Il s’agit d’élaborer un plan (pour transformer son rêve en un projet d’action), de se fixer des objectifs concrets, de se donner les moyens de ses ambitions, de s’imposer une discipline, de développer certaines qualités, d’approfondir la connaissance de soi, d’être dans la recherche, d’avoir le talent d’exploiter son talent.

Enfin, la terre de création est un lieu de création fascinant, mystérieux, complexe.
Là-bas, le temps n’est plus à la réflexion et à l’analyse, mais à la concentration, aux sensations, à l’engagement total, au détachement, à l’intuition, à l’inventivité.
L’efficacité passe en effet par le détachement de soi et de ses pensées parasites liées à l’enjeu.
Il ne s’agit plus de contrôler ou de juger.
Il s’agit de se concentrer, de se lâcher, de laisser faire, de suivre ses instincts, de libérer son talent, d’abattre les barrières qui empêchent d’accéder à son talent, de performer. 

 

Vallée du plan : transformer son rêve en projet d’action

Rêver est une chose, vivre son rêve en est une autre.
Certains ont un rêve mais ne le prennent pas au sérieux, ils n’agissent pas pour réaliser leur rêve.
D’autres agissent pour réaliser leur rêve mais de manière confuse, désorganisée, instable, car ils n’ont pas de plan en tête et ne lient pas le long terme au court terme de manière claire et solide.

L’élaboration d’un plan est un passage obligé entre le rêve et la création.
Le rêve répond à la question « où aller », le plan répond à la question « comment y aller ».

Il est donc important de commencer par se fixer 2 ou 3 objectifs simples et concrets à réaliser dans l’année.

Il faut évidemment ensuite se donner les moyens de réaliser ses objectifs.
Or, il y a souvent un décalage entre le rêve, les objectifs, et le plan, les décisions, l’environnement, les contraintes, les actions.
Il est donc nécessaire de se prendre en main, avec des décisions, des choix, et des actions alignés avec ses objectifs (plutôt que de subir les événements).

Il est ainsi important de définir un plan à la hauteur de ses objectifs.
Il s’agit de créer le cadre qui va nous créer.
Il est donc important de prendre des décisions courageuses et exceptionnelles, d’inclure dans son plan des « opérations commando » (habitudes radicales, sacrifices importants, contraintes radicales, environnements différents et difficiles car impressionnants, éprouvants, etc)
Des objectifs exceptionnels impliquent des décisions exceptionnelles et des contraintes exceptionnelles.

Sur la fiche définissant son plan, il est donc important de :
– Définir ses objectifs sur le plan technique et physique ; définir ses objectifs sur le plan mental
– Définir son démon (défaut, point faible…)
– Définir sa singularité (qualité permettant de se démarquer dans sa discipline)
– Définir une décision exceptionnelle ; définir une contrainte exceptionnelle

Dans la construction des champions, on retrouve de nombreux exemples de décisions exceptionnelles.
Laura Flessel s’entraînait régulièrement en fauteuil roulant face à des handicapés, pour travailler ses mains et son humilité.
La grande équipe de football de  l’Ajax s’entraînait dans la neige, pour mieux travailler les appuis.
L’équipe roumaine de Coupe Davis avait demandé à ses supporters de faire le plus de bruit possible à l’entraînement, afin de se préparer à l’ambiance du match.
Jean-Claude Killy s’entraînait quotidiennement sur une piste arrosée pour s’habituer à skier sur la glace.
Un boxeur a pris des cours de danse moderne 2 fois par semaine pendant 6 mois, pour améliorer son jeu de jambes.

L’élaboration d’un plan a plusieurs bienfaits psychologiques.
Le plan permet de transformer le problème, car le problème n’est plus de réussir (pas contrôlable) mais de suivre son plan (contrôlable).
Le plan permet aussi de déplacer sa concentration de la finalité lointaine (avec des inquiétudes et questions impossibles)  vers le chemin, le processus, les actions, et les progrès présents.
La compétition est alors d’avantage considérée comme une expérience excitante testant le plan, que comme une obligation stressante de résultats.
Le plan oblige aussi à utiliser des mots plus précis pour définir ses qualités, ses problèmes, et ses solutions.
Le plan garantit aussi de la clarté et des progrès, même dans les moments difficiles.
Le plan offre aussi des objectifs intérieurs (plutôt qu’extérieurs) qui permettent d’avantage de maîtrise et de cohérence.
Le plan renforce aussi la légitimité d’un recadrage (par le coach par exemple), car le plan est plus fort que soi.

 

L’élaboration du plan est déjà la moitié du chemin, l’application du plan étant l’autre moitié.

Il est ainsi nécessaire de s’imposer une discipline.
La discipline est une qualité essentielle, et elle a plus de poids dans les performances que le simple talent inné.
Autrement dit, la réussite dépend moins du talent reçu que de la force déployée pour fructifier son talent.
Le travail, l’intensité (concentration, effort) du travail, et la régularité du travail sont les piliers de la discipline.
Avec le temps, les actions finissent par s’automatiser et deviennent plus faciles.
Le corps rompu à l’effort finit même par avoir besoin du travail.
Une bonne discipline est librement consentie, perçue comme essentielle, et devient un véritable état d’esprit.
Il s’agit d’un contrat avec soi-même, pour s’imposer une exigence personnelle, et pour répondre à cette exigence dans la durée.

 

Il est également important de chercher, de comprendre, de nourrir son projet avec des trouvailles constituant des progrès.
Les champions sont en effet obsédés par la recherche de progrès.
On peut même dire que la soif de recherche, la curiosité, et la faculté à se remettre en question sont des qualités indispensables pour devenir un champion.
La recherche permet de trouver et d’optimiser son identité, son style, son plan, sa méthode de travail, sa discipline, ses techniques pour gérer ses failles et ses gestes, ses techniques pour gérer son entraîneur et son équipe, etc.
Autrement dit, la recherche permanente permet de renouveler les moyens, de progresser constamment, de ne pas ralentir la progression.
Cette recherche s’appuie d’abord sur des questions pertinentes (« comment pourrais-je m’améliorer ? »).
Elle s’appuie ensuite sur de nombreuses expérimentations, sur des erreurs, sur des confrontations d’idées.

 

Il faut bien avoir conscience que la maîtrise trouve essentiellement son origine dans la qualité du plan, dans les qualités mentales, dans la discipline mentale pour appliquer son plan, dans le talent d’exploiter son talent, dans la faculté à pousser ses qualités naturelles jusqu’à une maîtrise exceptionnelle.
Avec ces qualités, les progrès sont garantis, et même les pas manqués mènent quelque part.

 

Terre de création : libérer son talent en compétition

La terre de création est le lieu de création, c’est-à-dire de performance pour un sportif.
Il s’agit de l’étape ultime, qui peut mener à l’état mental parfait (la zone) où le corps devient intelligent, où l’on se sent inspiré et puissant.

Il y a 2 chemins mènent à la terre de création : le pont de la facilité et le passage de la vérité.
Le passage de la vérité est le chemin le plus difficile mais c’est aussi le seul chemin véritablement efficace, c’est donc le chemin à emprunter.

Le passage de la vérité est battu par les vagues et le vent le long de la côte des Démons (faiblesses, doutes, problèmes non réglés, ambiguïtés, conflits internes)

C’est pourquoi beaucoup de sportifs s’engagent sur le pont de la facilité.
Le sport est ainsi un domaine où la croyance magique en des solutions miracles est très forte.
De nombreux gourous donnent des artifices peu pertinents, voire dangereux.

Or, le mental n’est pas programmable comme le physique.
Le mental n’est pas un muscle que l’on peut renforcer par des formules simplistes.
L’universalisation est en effet impossible, car les cartes mentales diffèrent d’un individu à l’autre.
Les techniques de conditionnement mental peuvent ainsi aider, mais de manière superficielles, sans guérir et épanouir totalement le sportif.

Il est donc nécessaire de comprendre le fonctionnement du psychique et sa complexité avant d’éventuellement proposer des conseils et solutions potentielles.

La création (la performance) requière des qualités mentales comme la concentration, la confiance, la lucidité, l’intuition, l’inspiration, l’inventivité…
Or, ces qualités créatives, ces états mentaux sont sensibles, voire capricieux, et donc difficiles à provoquer.
La bonne démarche pour apprivoiser ses qualités créatives est d’accepter de ne pas les contrôler et de sortir du « il faut ».

La présence de différentes forces en soi, de conflits intérieurs peut poser des problèmes de motivation, de concentration, de lucidité, d’inspiration.

Ainsi, il y a en nous 3 personnages différents : le Maître, l’Artiste, et le Corps.
Ces personnages ont des talents différents, peuvent avoir des volontés différentes, et ne parlent pas toujours le même langage.

Le Maître est le commandant.
Il s’agit du moi raisonneur et censeur.
Il juge, autorise, condamne, interdit.
Il peut avoir peur du ridicule, faire culpabiliser, regretter, espérer, demander des comptes.
Il peut se laisser dévorer par son orgueil ou par le manque d’estime de soi.
De manière générale, ce personnage se prend la tête, pense trop, peut faire douter.

L’Artiste est le créateur.
Il s’agit du moi libéré, spontané et instinctif.
Il veut suivre ses envies spontanées et jouer.
Il imagine, n’a pas peur du ridicule, vit dans le présent sans se prendre la tête, parle le langage des sensations et des images.
Il sait communiquer avec le corps, sait rendre le corps intelligent, sait créer sans nier son animalité.

Le Corps est l’exécutant.
Il s’exprime soit de façon crispée et maladroite, soit de façon fluide et inspirée, selon qu’on le traite bien ou non.
Il juge à sa manière de ce qui est bien ou mal.

Le Maître a tendance à trop en faire et trop raisonner en situation de création, de compétition.
Il est à l’origine du risque de troubles, de doutes, d’inhibitions, de crispations, d’hésitations, de maladresses, d’échecs.
Au contraire, l’Artiste libéré peut nous amener à réaliser de grandes choses dont le maître nous aurait souvent crus incapables.

Par exemple, un joueur de tennis peut jouer très bien en étant concentré et relâché (Artiste libéré), puis être déstabilisé par l’arrivée d’un spectateur créant des pensées parasites en lui (Maître perturbateur).

Steven Spielberg a lui-même évoqué la capacité des acteurs à libérer l’Artiste qui est en eux : « Ce que j’admire chez les acteurs ? Ils n’ont pas peur d’être ridicules. »

La faculté à passer du Maître à l’Artiste est donc une clé de la réussite en situation de compétition.
Il s’agit de mettre le Maître en veilleuse pour allumer l’Artiste, de mettre le Maître suffisamment en confiance pour le calmer et qu’il s’autorise à passer la main à l’Artiste.

Des pensées parades peuvent être utilisées pour calmer le Maître et appeler l’Artiste.
Il s’agit de pensées qui orientent la concentration vers l’action présente, vers les sensations, vers le plan de jeu, au lieu du résultat perturbant le Maître.
Voici quelques exemples de pensées parades : « je reste dans mon couloir », « plus il y a de pression, plus je suis calme », « je prends soin de mon placement »…

La préparation d’un plan de jeu favorise la création de pensées parades.
Il est ensuite nécessaire de repérer les bonnes et mauvaises pensées pour enclencher ou non des pensées parades.
En cas de mauvaises pensées, les pensées parades peuvent permettre de rétablir une bonne concentration, une concentration constructive.
Suite aux pensées parades, le Maître veut toujours autant gagner, mais il est relégué dans l’ombre.
L’Artiste qui ne pense qu’à jouer peut alors s’exprimer.
Le Corps devient intelligent, ouvert, réceptif à toutes ses sensations grâce à la liberté que lui donne l’Artiste.
Le courant passe de l’Artiste au Corps.
Durant cette phase, le renoncement à comprendre ce que l’on fait permet de se plonger beaucoup plus profondément dans ce que l’on fait.
La conscience de soi s’efface, l’acte devient tout puissant, le Corps agit instinctivement.
Même des activités purement intellectuelles (nécessitant analyse et jugement) peuvent être soumises au même principe de détachement et d’actions instinctives.

De nombreux témoignages illustrent cet état de lâcher prise et la créativité qui y est associé.
Ludovic Giuly (footballeur) : « J’ai frappé sans réfléchir. Je n’ai rien calculé. J’ai tout fait à l’instinct, et c’est rentré. »
Ed McBain (écrivain) : « J’écris toujours sur ordinateur. Tout ce qui libère l’esprit est le bienvenu. Les phrases passent directement du cerveau aux doigts, puis au clavier. »
Matisse (peintre) : « Il vient un moment où ma main chante d’elle-même » , « Il faut que je sois si pénétré, si imprégné de mon sujet que je puisse le dessiner les yeux fermés. »

L’intelligence du Maître est alors toujours présente, mais seulement spectatrice.
Elle ne gêne plus l’action, et peut revenir à tout instant, mais seulement si c’est nécessaire.

Le processus complet mène à la zone (ou flow).
La zone correspond à l’état mental parfait, caractérisé par une unité et une harmonie parfaite avec la tâche, et correspondant au summum de sa forme, de ses moyens, de sa créativité.

L’acte créatif consiste donc à faire sortir ce qui est déjà là, en neutralisant les entraves, en se débarrassant des obstacles, en faisant tomber les remparts.
La démarche est donc différente de celle que l’on retrouve  dans la vallée du Plan (où l’on est dans l’acquisition)
Le lâcher prise est donc une clé importante pour optimiser la création, la performance.
Ainsi, on peut dire que « faire commence par laisser faire ».

Un niveau de performance élevé est donc atteint quand cesse toute opposition entre les différentes parties, entre les différents personnages, quand cesse tout conflit intérieur, quand le Maître laisse l’Artiste s’exprimer.
La volonté ne suffit donc pas.
Une volonté trop forte au moment de la performance risque surtout de rendre prisonnier de l’orgueil, de l’enjeu, et donc du Maître.
La citation suivante résumé cette démarche : « Pour ne faire qu’un avec ton épée, vide ton esprit de tous tes désirs. »

 

Malheureusement, des pensées et émotions parasites, que l’on peut appeler démons, peuvent empêcher l’Artiste de s’exprimer.
Ces démons viennent de problèmes non résolus, de conflits intérieurs qui agitent le Maître.
Il existe des démons lourds et des démons classiques.

 

Les démons lourds sont des manifestations de déséquilibres issus de l’enfance (événements particuliers) et de croyances sur soi-même profondes.
Ces traumatismes peuvent naître de l’expérience d’un sentiment d’infériorité, d’un manque d’estime de soi, d’un sentiment de honte, d’humiliations, d’un sentiment de culpabilité, etc.
Ces traumatismes sont d’autant plus enfouis qu’ils ont pesé lourd.
Leur refoulement rend difficile leur connaissance et une prise de conscience.

Ces troubles créent des blocages pour passer du Maître à l’Artiste.
Ces démons peuvent notamment survenir juste avant de franchir un palier important.
Le démon du complexe ou de la peur de gagner correspond à ce genre de pensées : « renonce à occuper une place qui n’est pas la tienne, tu n’en es pas digne », etc.
Le démon de la culpabilité correspond à ce genre de pensées: « renonce à gagner, tu ne le mérites pas » ; « renonce à gagner, tu n’as pas le droit de faire mieux que ta famille », etc.
Cela dit, les pensées sont généralement inconscientes et rarement exprimées aussi clairement.
Il n’en demeure pas moins que ces pensées créent des doutes, des freins, des blocages.

Ce sentiment d’impuissance est souvent associé par erreur à de la malchance, à une malédiction.

Pour traiter ces troubles, un simple travail en surface (préparation mentale basique) est inefficace.
Il est nécessaire de réaliser un travail psychologique en profondeur.

 

Il existe aussi des démons classiques.
Ces démons sont moins liés à soi et d’avantage propres à son activité (ils sont nés en cours de route).
Les démons classiques sont plus facilement repérables et gérables.
Il s’agit de croyances moins profondes, qui dépendent en partie de la qualité de la préparation, du contexte.
Ces démons incarnent notamment des lacunes dans le plan, un manque de rigueur, un manque de concentration, un manque de courage, un caractère qui abandonne facilement, une attitude négative, l’incapacité à maîtriser ses émotions, le sentiment d’avoir triché dans sa préparation, un problème relationnel, le poids des autres, etc.

Le démon de l’ambiguïté correspond à un manque d’amour pour son sport et à une pression sociale subie (« perds puisque tu ne te bats pas pour toi, perds pour leur montrer que tu n’es pas d’accord »).
Le démon de la culpabilité correspond au sentiment d’avoir trop de faiblesses pour gagner face à l’adversaire (« tu ne mérites pas de gagner »).
Le démon de l’excès de confiance correspond à la culpabilité d’avoir joué le match avant (ce qui perturbe la concentration face aux imprévus).
Le démon de la colère et le démon de la frustration sont plus faciles à identifier, ils naissent d’une trop forte envie de gagner et d’une incapacité à accepter ses erreurs.
Il existe aussi le démon de la distraction, le démon du trop grand respect pour l’adversaire, etc.

Il est nécessaire de se libérer de ses démons pour « se lâcher », pour « jouer libéré ».
Comprendre son problème est le premier pas vers la liberté.

Les pensées parasites (à distinguer des croyances) peuvent être comparées à de petits démons.
Il est important d’identifier des petits démons, puis d’utiliser ses pensées parades, capables de neutraliser ses petits démons.

Voici des exemples de petits démons :
– Le petit démon Epate-ton-père (« Je dois montrer à mon père ce que je peux faire de mieux »)
– Le petit démon Qui-espère (« J’espère que… »)
– Le petit démon Premier-de-classe (« Je n’ai pas le droit de… », « Je ne peux pas me permettre de… »)
– Le petit démon De-l’égo (« Tu ne peux pas accepter d’être mené par un nul », « Balance le match pour au moins sauver ton image »)
– Le petit démon du Trop-de-respect-pour-l’adversaire (« Il est trop fort… »)
– Le petit démon Superstition « Si tu rates ton premier ballon, le match est foutu », « on n’a jamais gagné dans cette salle, cette salle est maudite »)
– Le petit démon  Du-score-et-des-conséquences (« Si tu gagnes, tu pourras… »)
– Le petit démon Du-passé (« Et si tu rates ton départ comme la dernière fois ? », « On a une mauvaise série contre cette équipe, ça va être très dur »)
– Le petit démon De-la-dette (« Pense à ce qu’ils ont fait pour toi, tu n’as pas le droit de les décevoir »)
– Le petit démon Qui-s’étonne-de-mon-succès (« Je suis en train de gagner, ça n’est pas normal »)
– Le petit démon De-la-tête-qui-s’évade (« puisque tu mènes, tu veux pas souffler un peu ? », « si tu gagnes, qu’est-ce que les journalistes vont écrire sur toi ? »)

Les petits démons peuvent créer des doutes, des émotions dévorantes, de l’inquiétude, de la peur, de la panique, des hésitations, de l’inhibition, de la frustration, de la colère, de la déconcentration, une perte d’inspiration, du découragement, une crispation du corps, de la lenteur, des actes manqués, des blessures somatiques, etc.

 

Les démons sont donc les véritables adversaires du sportif.
Ils sont difficiles à gérer en pleine compétition, car les doutes du Maître plus forts face à l’enjeu que le désir de jouer de l’Artiste.
Il est donc nécessaire de les gérer durant la préparation, de disputer d’abord le match face à ses démons.

Tout sportif gagnerait ainsi en efficacité s’il essayait de mieux se connaitre, de comprendre ses problèmes et ses blocages.
Le refus d’aborder et de traiter les problèmes est souvent à l’origine de l’incapacité à franchir un palier, et de scénarios d’échecs à répétition.
Ce refus d’aborder et de traiter les problèmes naît généralement de la peur de dévoiler ses faiblesses, de faire un constat d’échec.
Il y a une tendance à croire que les champions n’ont pas de problèmes.
Or, il faut avoir conscience qu’accepter et affronter ses problèmes est au contraire un signe de force nécessaire pour devenir un champion, capable de se libérer dans les grands moments.
Il est donc nécessaire d’explorer les problèmes, de les identifier, de poser les bons mots dessus,  d’en parler, et de les traiter en posant de bonnes questions qui amènent généralement de bonnes réponses.
Ce travail peut être éventuellement réalisé en dehors de l’entraînement, notamment pour des démons lourds.

Le témoignage d’Amélie Mauresmo rend bien compte de l’importance de traiter ses démons, ses blocages psychologiques: « Quand on atteint un certain niveau technique et physique, la différence est ailleurs, dans la tête. Ce n’est pas mon talon d’Achille, mais un point que je travaille depuis plus d’un an avec une psychologue du sport. De discussions en prise de conscience, j’ai franchi des caps, fait sauter des verrous, et me suis débarrassé de mauvais réflexes. »

 

Comme dit précédemment, la préparation (vallée du plan) consiste à élaborer son plan, à rechercher, à explorer, à acquérir des connaissances, à expérimenter, à peaufiner, à acquérir des automatismes, à corriger ses défauts, à optimiser ses points forts, à identifier et à affronter ses démons.
Il s’agit donc d’une phase d’intégration du talent, de « prise de tête ».

Par contre, la création consiste à se détacher de l’enjeu, à se détacher de l’orgueil du Maître, à se détacher de ses pensées parasites (si besoin à l’aide des pensées parades), à se concentrer, à se détendre, à renoncer au contrôle total, à lâcher prise.
Il s’agit d’une phase d’expression du talent sans entraves, sans « prise de tête ».

René Char résume la différence entre la préparation et la création par une maxime: « Concevoir en stratège, agir en primitif. »
De même, pour jouer un rôle, De Niro se documente sur le sujet du film, lit beaucoup, s’imprègne de l’atmosphère des lieux, se met dans la peau du personnage…. puis se libère et se laisse aller au moment du tournage.

 

Dans l’idéal, la zone (état mental parfait) est atteinte, et donne lieu à une performance optimale et une sensation de liberté absolue.
Dans la zone, les sensations peuvent s’exprimer ainsi : « je n’espère et je ne regrette rien (pas d’orgueil et de jugements), je suis dans ma bulle de concentration, rien de ce qui s’est passé ou se passera ne compte, j’ai du temps, je suis lucide, je suis engagé et relâché à la fois, je deviens animal ».

Il est possible d’entrer dans la zone lors d’occasions fortuites (crampe ou légère blessure occupant le Maître, retard ne laissant pas le temps aux pensées de s’installer, lendemain de fête où le Maître lâche prise en raison de la fatigue, etc).
Cela dit, il est inutile de reproduire ces situations volontairement, car la volonté ferait resurgir le Maître.

Il existe aussi malheureusement des situations où le Maître peut réapparaitre soudainement et faire sortir de la zone (fin d’un match où l’on est sur le point de gagner et le Maître pense aux conséquences, remontée au score qui fait resurgir le Maître à nouveau intéressé par le résultat, etc).

La fréquence d’entrée dans la zone varie d’un sportif à l’autre.
Certains l’atteignent quelques fois dans une année, d’autres seulement quelques fois dans une carrière, etc.

Le meilleur moyen d’accéder à la zone est de ne pas lutter, d’accepter les cycles de forme impactant l’accès à la zone, d’être patient, d’accepter le manque de contrôle sur l’accès à la zone.
Mais, la préparation est nécessaire pour créer des conditions favorables et optimiser les probabilités.
Et, la préparation permet au moins d’obtenir un niveau de performance bon et régulier, en développant son talent et en le laissant s’exprimer.

 

Prendre son niveau moyen comme repère est d’ailleurs un excellent moyen de gagner en lucidité sur ses attentes, de ne pas se frustrer, et de gagner en confiance (si on se dit que même à notre niveau moyen on est bon).
Elever son niveau moyen en développant son talent (et en maintenant une bonne expression de son talent lors de la création), sans obsession des pics de forme et de la zone, est donc un bon fil conducteur pour les sportifs.

 

Voici donc une liste de conseils pour optimiser sa création, sa performance :
– Accepter les cycles de forme et savoir attendre
– Ne pas viser l’exceptionnel que l’on ne contrôle pas 
– Prendre son niveau moyen comme repère
– Bien faire les choses simples et consolider son jeu de base (son socle)
– Se dire que même lorsqu’on est moyen, on est bon
– Rester efficace quand c’est difficile en étant capable de bien mal jouer (gérer les temps faibles)
– Préparer le terrain pour recevoir
– Régler ses problèmes pour connaître des déclics
– Agir sans vouloir tout contrôler

Et, sur la fiche définissant son plan de Je(u), il est important de :
– Définir sa pensée parade (petite action ou intention de jeu) pour se mettre dans le bain
– Définir son identité de jeu, son projet de jeu (une force, une chose que l’on sait bien faire, une tactique payante)
– Définir sa pensée parade dans les moments critiques ou pour conclure (pensée pour neutraliser des pensées parasites, pour chasser des pensées parasites, pour ne pas penser)
– Définir son rituel de calme ou de bonne attitude (relâcher ses bras, respirer un grand coup, etc)
– Définir son nom de scène ou son animal fétiche
– Définir sa devise (exemple : « l’abeille n’espère pas, elle pique »)

 

Apprendre à souffrir et trouver son plaisir

La société moderne est bâtie sur le culte de la performance.

Mais, la société peut parfois donner l’illusion que tout peut s’obtenir vite et sans mal.
Il y a une sorte de culture du zapping, d’attraction permanente pour des projets courts et irréalistes.
L’image et la notoriété (parfois obtenues rapidement) deviennent des critères de succès attractifs, souvent d’avantage que le développement d’une passion et d’un talent réel.
La discipline, le sacrifice, la contrainte, la rigueur, et l’autorité sont des notions qui font peur et sont rejetées.

Or, la réussite est le fruit d’un engagement long, d’une longue et intense recherche personnelle, d’une discipline, de souffrances.

Et, il est crucial de libérer le jeunes de la pression du résultat et de les recentrer sur les vrais enjeux : leur progression, le plaisir d’apprendre, la relation à un mentor, l’exigence personnelle, etc.

Le sport de compétition (et tout projet d’excellence) est un voyage au bout de soi-même.
C’est un chemin qui mène à un mental de champion, à l’excellence, au sommet de sa montagne personnelle, aux limites de son potentiel.
Il ne mène pas forcément au triomphe et au statut de vedette, mais là n’est pas l’essentiel.
Réussir, c’est pouvoir un jour dire « J’ai essayé, j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai des regrets certes, j’aurais pu éviter certaines erreurs, mais j’ai aimé cheminé et je suis allé au bout de ma carte. »
Réussir, c’est répondre à l’appel de ses héros intérieurs et ne pas les décevoir, c’est être champion à ses propres yeux.
Le sentiment de réussite est donc personnel.
D’ailleurs, certains champions ont un goût d’inachevé, alors que certaines personnes peu connues ont un sentiment d’accomplissement.

Le combat à gagner est donc celui qui mène de sa valeur (ce que l’on sait faire) à son potentiel (ce que l’on pourrait faire).
La métaphore de la montagne rappelle qu’un pas en avant est un pas ascendant échappant à la pesanteur du confort et de la complaisance.
Ainsi, l’excellence a un prix élevé, il est nécessaire d’aller là où ça fait mal, d’aller où les éléments sont hostiles, de se faire violence, d’être courageux, de faire des choses que l’on n’aime pas, d’apprendre à souffrir, etc.
Il est donc important de s’imposer des difficultés à l’entraînement, des difficultés qui stimulent les aptitudse.
De même, les coachs doivent avoir des techniques pour bousculer le confort des sportifs (exercices spéciaux chaque jour, exercices tirant sur la réserve, etc)
Souffrir pour un sportif est revient à investir pour un homme d’affaires, il s’agit d’un acte de courage qui peut rapporter gros.

Malgré tout, un sportif doit doser ses efforts, afin de ne pas casser la corde raide.
Le corps peut en effet finir par lâcher sous le coup d’intensités ou de répétitions trop violentes.
Il est donc nécessaire d’alterner les séquences intenses et difficiles, avec des séquences plus faciles (répétition des fondamentaux, etc)

Il est important de prendre l’habitude de donner le maximum de son intensité à l’entraînement pour optimiser sa progression physique, technique, tactique, mais aussi mentale.
L’entraînement permet d’apprendre à affronter les difficultés et souffrir, de muscler sa discipline, notamment lors des jours difficiles.
La gestion de l’adversité et de la souffrance à l’entraînement détermine la gestion de l’adversité et de la souffrance en compétition.
L’entraînement est un match, car c’est là qu’on apprend l’essentiel, c’est là qu’on gagne ou qu’on perd.
Et, le match est un entraînement, car il s’agit d’un jeu pour tester son apprentissage.

Les sportifs peuvent avoir des caractères différents face aux exigences de l’entraînement.
De manière générale, le caractère des personnes (et notamment des jeunes) peut évoluer, notamment sur quelques points clés.
Mais, il est assez difficile de changer totalement un caractère.

 

L’acceptation des sacrifices, de la discipline, de l’effort physique, et de la souffrance nécessite une grande passion, un désir fort, une motivation forte qu’il est important d’alimenter (pays du Rêve).

La souffrance sans plaisir n’est en effet pas viable dans la durée.
Lorsqu’il n’y a aucun plaisir, cela se finit généralement par un abandon lors d’une occasion.

La carte du mentale suggère cet équilibre : plaisir – souffrance – création

Le plaisir peut prendre différentes formes.
On peut notamment ressentir le plaisir du jeu, le plaisir du beau jeu, le plaisir d’apprendre, le plaisir du travail bien fait, le plaisir de la relation, le plaisir de la complicité, le plaisir de la reconnaissance.
Ces plaisirs valent bien des souffrances.

Le plaisir et la souffrance (via les efforts) sont ainsi souvent liés.
Pour ne pas laisser la souffrance écraser le plaisir, l’atmosphère est importante.
Installer les difficultés comme des jeux et des défis permet un bon équilibre.
On peut résumer cela en une maxime : « Faire plus dur et plus drôle ».

Ainsi, le rôle clé d’un coach est de donner envie aux sportifs d’apprendre et de se dépasser, tout en leur donnant confiance.
Or, pour maintenir la motivation et la confiance des sportifs, la reconnaissance sociale (notamment celle du coach) est importante.
Un coach doit donc avoir de l’exigence dans l’entraînement, du respect, de l’amour, de la générosité, de la reconnaissance, de l’imagination, du charme, du charisme.

Généralement, lorsque le coach manque d’affection, manque de reconnaissance, ne témoigne pas suffisamment sa confiance, ou fait preuve de brutalité, cela finit par se payer en compétition avec l’apparition d’un démon classique souvent inconscient chez le sportif.
(« je perds pour montrer à mon entraîneur qu’il m’a blessé et qu’il est un mauvais entraîneur »)

La relation entre le coach et le sportif est donc clé :
« Ce n’est pas l’entraîneur qui développe l’élève, c’est la relation que l’entraîneur instaure avec l’élève qui va développer l’élève »

Enfin, on note que les grands champions font généralement du plaisir de l’aventure un moteur clé.
Généralement, les champions apprécient l’aventure, l’exploration, l’incertitude, les difficultés, la recherche de solutions, etc.
Ce sont de véritables aventuriers.
Et, pour cultiver cet esprit d’aventurier, voici une maxime intéressante de Clément Rosset : « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude. »

 

Avoir une personnalité de champion

Certains éléments affichés avant et durant la compétition sont déterminants : la personnalité, l’autorité personnelle, l’aura, le charisme, l’attitude, la confiance, l’allure, la présence.  

Ces éléments rejoignent la capacité à ne pas être entraver par des démons.

Ces forces impressionnent, intimident, font douter l’adversaire, projettent des ondes négatives.
Face à elles, l’adversaire se bat souvent lui-même.

Au contraire, trop de respect pour la valeur de l’adversaire aboutit à l’incapacité de s’imaginer en vainqueur.
On observe d’ailleurs des limites et blocages chez de nombreux sportifs affrontant des adversaires mieux positionnés dans la hiérarchie.

Les gagneurs battent des adversaires plus réputés qu’eux car ils ne les voient pas plus forts, car ils pensent que les classements ne sont pas faits pour être respectés mais pour être bousculés.
Ils ont ainsi cette capacité à surprendre, à avoir des résultats au-delà de leur qualité technique et de leur expérience.
Des joueurs de poker donnent par exemple toujours l’impression d’avoir le meilleur jeu.
De même, Tiger Woods fascinait ses adversaires qui se mettaient à l’observer, au lieu de se concentrer sur leurs coups.
Des sportifs prennent aussi un ascendant psychologique en montrant leur confiance et leur détermination dans le couloir menant au terrain.

Il y a ainsi toujours un match technique (technique, tactique, physique), et un match mental.
Le match mental a un impact fort sur le match technique.
La prestation technique doit donc être analysée à travers le match mental, pour améliorer l’analyse et trouver de meilleures solutions.

Il est donc important d’analyser :
– l’apparition éventuelle de démons, de pensées parasites, d’émotions parasites.
– la concentration
– le respect du plan de jeu, le respect des pensées parades
–  l’attitude affichée
– la gestion des temps faibles, de la gestion d’une forme médiocre

Une analyse pertinente est généralement brève, et souligne les causes profondes et mentales de quelques gestes, comportements et choix déterminants.
Les analyses trop techniques ratent ainsi souvent l’essentiel.
Un match raconte une histoire entre des personnages qui ont leur identité, leur personnalité, leur mental, leur gestion mentale, leur communication de leur force intérieure, etc.
Il est donc important d’observer les corps, les rituels, les attitudes, les changements d’attitude, les signes émotionnels, pour entrer dans une autre dimension du sport, pour mieux entrer dans l’histoire du match.
Le sport dépasse le simple cadre du sport.
Il s’agit d’une tragédie humaine, d’une histoire d’hommes et de femmes avec toute une gamme de sentiments humains.

Il existe différentes personnalités pour prendre l’ascendant psychologique.
Il y a notamment les sportifs bouillonnants et explosifs, les sportifs hyper calmes et sereins, les sportifs joyeux et joueurs, les sportif avec une nonchalance trompeuse (un détachement apparent face au résultat mais une présence aigüe de chaque instant), les sportif gentils mais confiants.

Et, il n’est pas rare que des limites techniques soient dépassées par une personnalité et un mental supérieurs.
Borg a par exemple gagné 5 fois Wimbledon avec un style défensif.

Les sportifs peuvent avoir des trucs, des anges gardiens favorisant leur état mental et un ascendant psychologique (au contraire des démons destructeurs).
Par exemple, Connors travaillait la foule pour faire monter l’adrénaline.
Borg ne changeait jamais d’expression.
Becker marchait avec la poitrine gonflée.
Noah jouait la rockstar donnant l’impression de ne pas être sérieux et de ne pas donner le droit de perdre face à lui.
Vilas montrait ses muscles pour impressionner.
Edberg utilisait un jeu monotone répété à l’infini.
Leconte montrait des coups explosifs et inattendus.
Gilbert transmettait sa mélancolie.

Il n’est ainsi pas rare d’assister à une véritable bataille d’influence entre personnages.

Pour construire son style, copier le style d’un autre n’est pas pertinent, et voué à l’échec.
Il faut partir de ses qualités pour trouver son propre style.
Pour cela, il est d’abord nécessaire de prendre ses qualités au sérieux.
Découvrir dans sa personnalité ce qui est authentique, fort, intéressant, et original est un enjeu plus intéressant que d’admirer des idoles et de tenter vainement de les copier.
Il est notamment important de rechercher son identité, son personnage, son attitude et son scénario sous la pression.
Il est possible de se donner un nom de scène (un nom d’animal par exemple) pour se définir.

L’identité est un fil conducteur qui permet de dicter son attitude, ses choix, et ses gestes en certaines circonstances.
Imposer son identité et son scénario est généralement plus efficace que de s’intéresser à ceux de son adversaire et de tenter de s’y adapter.
La personnalité et l’autorité s’expriment aussi en dehors du terrain.

Il est possible de reconnaître ses faiblesses, mais il ne faut pas forcément le faire avec n’importe qui.
Etre toujours sincère n’est pas toujours le meilleur moyen de se faire respecter.
Il est donc nécessaire de savoir dissimuler ses doutes et faiblesses lors des moments opportuns (et les exprimer lors des moments opportuns).

Généralement, une personnalité évolue au sein d’un groupe.
Or, il est nécessaire de trouver un équilibre entre l’appartenance au groupe (staff, équipe, etc) et l’autonomie.
Les structures ne doivent pas détruire le goût de la recherche personnelle et de l’expérimentation sur soi-même.
Des moments et des espaces d’autonomie doivent ainsi être préservés.
Les sportifs doivent notamment pouvoir personnaliser leur entraînement mental et leur gestion mentale.

D’ailleurs, affirmer ses désaccords et sa différence par rapport au groupe, se déterminer soi-même, suivre ses intuitions et convictions intimes, peut être une preuve de courage, de caractère, de générosité, de mental et de créativité supérieurs (si la position personnelle est pertinente).
Un bon rebelle peut même inciter les membres du groupe à se remettre en question, à sortir des certitudes sécurisantes.
Un tel sportif doit alors passer du rôle de rebelle, d’incompris, de solitaire,… au rôle de leader.
Bode Miller (skieur) a par exemple ignoré les critiques de son staff sur ses prises de risque folle et ses chutes multiples, et a fini par être champion du monde.
Et, on peut citer cette citation de René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »

Cela dit, il faut faire attention à ne pas confondre rébellion intelligente et créative, avec rébellion bête et contreproductive.

De l’autre côté, un trop grand consentement (aux méthodes, aux théories, aux ordres…) inhibe généralement l’imagination et la créativité.
Il s’agit d’un véritable problème pour exploiter son potentiel.
Les élèves doivent donc apprendre à se détacher de leur maître, à ne pas toujours lui obéir, à ne pas être trop dépendant.

Et, les coachs doivent trouver un équilibre entre accompagnement (conseils, apprentissage) et autonomie.
Ils doivent savoir s’effacer.
Ils doivent ainsi développer la personnalité, l’autonomie, la prise d’initiatives, et la responsabilisation des sportifs.
De même, les coachs doivent parfois simplement faire confiance aux sportifs pour se débrouiller tout seul (cette confiance qui se communique au sportif)
Comme le sportif, ils doivent parfois lâcher prise et laisser faire lors du processus de création.
Touretski (coach de natation) laissait ainsi une grande autonomie à son élève Popov, il le laissait parfois chercher les solutions alors qu’ils les connaissaient, il le laissait faire ses propres tests, il le laissait seul lors des compétitions, etc.

Pour pouvoir s’effacer sans trop perturber l’élève, un coach doit instaurer de la confiance.
Cette installation de la confiance nécessite du temps.
La pression du résultat perturbe malheureusement souvent la relation entre le coach et l’élève.
Les changements de coach sont souvent fréquents et rapides.
Ils peuvent être des moyens faciles pour fuir ses responsabilités, pour ne pas s’analyser soi-même.

En tout cas, les grandes collaborations reposent sur :
– une confiance forte
– l’honnêteté de ne pas fuir ses responsabilités et ne pas mettre tout sur le dos de l’autre
– la sérénité, des plans à long terme solides dans la difficulté
– une affection qui finit par présider la relation et dépasser les enjeux

Les champions ont aussi le caractère pour gérer la pression.
Derrière les termes de pression, tension, stress, anxiété…  se cachent la peur.
Or, la peur a un effet douloureux et paralysant chez certains.
Ces sportifs subissent la pression.
Mais, la peur a un effet stimulant, jouissif, et transcendant chez d’autres.
Ces sportifs dominent la pression.

Les champions aiment la pression, la peur.
Ils la cherchent, s’y confrontent, l’apprivoisent, l’utilisent.
Pour eux, elle est un moyen d’être excité, de se sentir vivant, d’éveiller leur sens, d’aller dans la zone, d’être meilleurs.
On peut dire que : « Les champions n’ont pas peur d’avoir peur ».
Les champions ont même besoin de sentir la pression et la peur pour performer.
Ils ont tendance à manquer d’énergie et de concentration sans pression.

La solution n’est donc pas de se libérer de la pression mais de s’en servir.
Nier la pression ou essayer de la faire disparaitre est vain.
Les démons intérieurs savent rappeler ce que l’on veut oublier…
La pression n’est ni bonne, ni mauvaise en soi, tout dépend de la relation entretenue avec elle.

Il y a ainsi 2 relations possibles avec la pression :
– la pression paralysante : elle est subie ; elle est perçue négativement ; elle fait penser à l’enjeu, elle fait penser aux choses qu’on ne peut pas contrôler (résultat, pensées des autres…) ; elle est lourde ; elle provoque de la fébrilité, de l’indécision, de la maladresse ; elle va de pair avec une approche défensive, on défend un résultat, on joue pour ne pas perdre
– la pression transcendante : elle est utilisée ; elle est considérée comme une opportunité de montrer ce que l’on vaut, d’être meilleur ; elle fait penser au jeu, elle absorbe dans le présent pur ; elle va de pair avec une approche conquérante, on va chercher le résultat, on joue pour gagner ; le stress est transformé en excitation

Il peut ainsi être intéressant de faire un test avant le début d’une compétition pour savoir si l’on est en train d’utiliser la pression pour se transcender, ou si l’on est en train de se laisser paralyser par la pression.
Ce test peut consister à voir si l’on est capable de sourire intérieurement par exemple.

La force émotionnelle est la capacité à être relâché sous la pression, à donner le meilleur de soi lorsque la pression est maximale, à ne pas surjouer et simplement garder sa force (à fond et de façon posée, concentré et en souplesse psychologiquement) pendant que l’autre craque sous la pression.

 

Les sportifs ont un point de rupture lors d’un bras de fer psychologique, à partir duquel ils deviennent vulnérables, laissent leur petits démons prendre le dessus, etc.
L’enjeu pour un sportif est donc de repousser le plus loin possible ce point de rupture.

Or, l’entraînement ne sert pas qu’à progresser physique, techniquement, tactiquement.
L’entraînement sert aussi à se concentrer, à développer sa résistance psychique, à repousser son point de rupture plus loin.

Voici quelques habitudes à pendre pour développer sa résistance psychique et repousser son point de rupture plus loin :
– Traiter chaque entraînement comme un match
– Avoir des moments d’intense concentration plus longs
– Se ressaisir vite quand on a été déconcentré
– Ne pas se disperser, faire abstraction de ce qui se passe autour de soi
– Ne pas s’énerver
– Travailler son langage du corps
– Ne pas se désunir dans la fatigue

Un travail intense sur cette dimension mentale permet de développer une meilleure capacité à rentrer dans le match, à rester dans le match, à ne pas lâcher, à rester présent mentalement, à éviter les passages à vide ou bien les gérer, à bien jouer même quand on joue mal, à exercer une pression sur l’adversaire par la constance de sa concentration.

La résistance psychique (fruit de la concentration et de la force émotionnelle) est tout aussi importante et plus difficile à acquérir que la résistance physique.
L’entraînement physique ne doit d’ailleurs pas servir de refuge pour ignorer les problèmes de concentration et le travail mental nécessaire.
L’entraînement sans intensité mentale est mauvais sur la durée car il affaiblit le mental et la qualité des gestes (mieux vaut une heure d’entraînement à concentration intense que 3 heures à faible concentration).

Pour s’imposer au haut niveau, il est important de ne pas faire de complexe face à l’adversaire, et d’aller au bout de sa résistance psychique pour tester le point de rupture de l’adversaire.
De nombreux sportifs semblaient intouchables, et ont ensuite été battus plusieurs fois lorsqu’un joueur a fini par toucher leur point de rupture.
Amélie Mauresmo et Jutine Henin ont par exemple battu Serena Williams coup sur coup pour la première fois en 2003 (car Amélie Mauresmo avait mis en lumière le point de rupture de Séréna Willimas)

 

Gagner est souvent vu comme un élixir de vie pour les sportifs, comme un moyen de dépasser des souffrances liées à leur histoire.
Il s’agit même souvent d’une addiction.
Cela peut mener à une désensibilisation progressive aux victoires, à un besoin de doses d’adrénalines plus grandes.
L’insatisfaction dans la défaite devient alors plus grande que la joie dans la victoire.
Le sportif vit alors avec un sentiment d’obligation de gagner, est aspiré dans une spirale d’insatisfaction, et souffre généralement d’un mal être malgré les victoires.
Il s’agit là de l’approche dite « dure » (« champions obligés de gagner »)

Mais, d’autres approches moins dures existent.
Une approche moins dure consiste à être plus orienté vers l’instant présent, vers son plaisir, vers les autres.
Cette approche est plus saine, plus équilibrée, plus détachée.
Avec cette approche, le sportif a une moins grande compétitivité, mais une plus grande créativité.
On retrouve souvent cette approche chez les champions en fin de carrière (exemples de Noah, Douillet, Hurtis, etc)
Cette approche renvoie à la maxime suivante : « Le chemin compte plus que la destination ».

Cela dit, cette approche équilibrée n’est généralement adoptée que lorsqu’on a déjà fait l’expérience de la victoire, lorsque l’on a vécu le goût surfait de la victoire, lorsque l’on a découvert que le chemin est plus fort que la victoire.
Il est en effet difficile de comprendre cela sans en avoir fait l’expérience.
Les coachs doivent donc être patients avec les sportifs qui ne sont pas encore prêts à adopter cette approche.

Au final, ces approches sont différentes, mais aucune ne s’impose.
Vouloir imposer la seconde à un jeune lion est illusoire.
La démesure fréquente des jeunes est souvent une force.

Par contre, il est nécessaire de pousser les sportifs à se concentrer sur l’action, et non sur l’enjeu au moment du match.
Il faut leur permettre de se libérer, notamment en trouvant les mots justes qui leur donnent des ailes au moment du match.

 

Etre un beau champion

Le sport est devenu un fait social majeur, un fait culturel, et un outil éducatif.
Il est associé à des valeurs, telles que le dépassement de soi, le courage, l’excellence, l’humilité.

Mais, le sport est aussi un monde d’illusion.
Il évoque le spectacle, la gloire, les médias, l’argent, etc.

Le sport n’a donc pas de valeurs en soi.
Il est nécessaire de définir les bonnes et les mauvaises valeurs que peut incarner le sport.

La performance n’est ainsi pas seulement physique, tactique, technique, et mentale.
La performance est aussi morale.
Cela implique une éthique, le respect des règles, la justice, le fair-play, le respect des adversaires, la convivialité.

Malheureusement, l’enjeu peut altérer la moralité (surtout chez les jeunes, souvent poussés par leur entourage à penser que la fin justifie les moyens).
Les jeunes sportifs doivent apprendre à perdre, à ne pas paniquer face à la défaite (violence, dopage), à retirer du positif de la défaite (apprentissage).

Il est intéressant de garder cette pensée à l’esprit :
« Tu es mon adversaire, pas mon ennemi ; ta combattivité me donne la force ; ta volonté me donne du courage ; ton défi m’inspire ; que je gagne ou que je perde, je te rendrai hommage, parce que c’est toi qui me grandis »

Au final, l’éthique et la recherche d’élégance dans le geste sont souvent plus efficaces que la méchanceté, et sont toujours plus valorisantes.
Le talent mis au service d’un idéal de style (et non au service des résultats) entraîne le spectacle, la beauté, le respect, l’admiration, la fierté, la confiance, et généralement de bons résultats.

Cette recherche d’élégance et cet idéal de style ont notamment animé des sportifs comme Pete Sampras, Roger Federer, Tiger Woords, Stéphane Diagana, Johan Cruyff, Michael Jordan, etc.

On peut ainsi mettre en avant 12 valeurs chevaleresques présentes sur la carte du mental :
1) Le sens de l’aventure (exemple de Bernard Moitessier préférant repousser ses limites et continuer de naviguer plutôt que d’arrêter en ayant gagné la course)
2) La générosité et le don de soi (exemple de Nadal donnant toujours le meilleur de lui-même)
3) La loyauté (exemple d’Ullrich attendant Armstrong après une chute malheureuse due à une spectatrice, et 2 ans après qu’Armstrong ait fait la même chose pour lui)
4) Le respect (valeur fondamental et incarnée par de nombreux sportifs)
5) La dignité dans la défaite (exemple de Federer félicitant toujours ses adversaires lors de ses défaites)
6) L’élégance (exemple de Zaballa sortant le ballon en touche au lieu de le mettre dans le but après un accrochage très violent entre le gardien et le défenseur adverses ; exemple de Boris Becker affrontant ses adversaires sur leur point fort ; exemple de Zidane lancé dans une quête de beaux gestes et réalisant des concours de gestes avec ses potes)
7) L’honnêteté (exemple de Mats Wilander voulant rejouer une balle annoncée faute par erreur et lui faisant gagner le match)
8) Le sens de l’honneur et de la parole donnée (exemple d’Arsenal décidant de rejouer un match gagné, après un but moralement contestable car le ballon aurait dû être rendu à l’adversaire)
9) La courtoisie (exemple de Edmund Hillary grimpant l’Everest mais ne laissant figurer que son sherpa sur la photo)
10) L’humilité (exemple de N’golo Kanté humble et concentré sur son apprentissage)
11) La solidarité (exemple de Drogba impliqué dans des actions caritatives en Afrique ; exemple de Scottie Pippen cherchant toujours à combler les lacunes de ses coéquipiers avant de se mettre en avant)
12) La défense d’un idéal (exemple de Muhammad Ali se battant pour le respect des noirs ; exemple de Tiger Woods changeant totalement son swing au prix d’une dure période de transition, alors qu’il était déjà très performant)

 

Respecter les bases et trouver sa singularité

L’analyse des champions met en lumière la diversité de leurs profils, de leurs motivations, et de leurs situations.
Il n’y a donc pas un prototype bien défini de champion.

Les coachs ne doivent donc pas avoir une idée trop précise d’un champion, car cela peut être contreproductif.
Il est plutôt pertinent de partir des qualités de l’élève, et de l’aider à trouver sa singularité et son propre chemin.

Il faut donc avoir en tête que l’excellence est impossible sans singularité.

Il y a seulement des étapes essentielles à respecter, liées à la carte du mental.
Il faut notamment suivre son désir, prendre son rêve au sérieux, être un chercheur, savoir quand il le faut être le mauvais élève, développer son pouvoir de concentration et sa force émotionnelle, avoir le talent d’exploiter son talent, etc.

 

Faire son bilan d’excellence

L’excellence implique des comportements essentiels, au-delà du physique, de la technique, et de la tactique.

On retrouve ainsi 33 comportements d’excellence, 15 qui sont indispensables, et 18 qui sont des atouts.

Pour chaque comportement, il y a 4 niveaux d’évaluation : exemplaire, acquis, moyen, insuffisant.

Cet outil fait apparaitre les points forts (à perfectionner) et les manques (à travailler).

Un tel bilan est utile pour :
– recruter un sportif
– évaluer un sportif déjà intégré et le faire progresser via un plan d’action
– permettre à un sportif de s’auto-évaluer et progresser via un plan d’action
– clarifier l’analyse entre un coach et un sportif

Evidemment, lors d’un bilan d’excellence, la confidentialité est requise.

Liste des comportements d’excellence à l’entraînement (5 indispensables et 6 atouts) :
– S’analyser (indispensable ; je cherche à me connaître, même sur mes aspects négatifs)
– Trouver son propre chemin (indispensable ; j’ai un plan très personnel, mes idées, ma personnalité, ma singularité)
– Réaliser un petit pas exceptionnel (atout ; je réalise un petit pas supplémentaire tous les jours par rapport aux autres, un exercice, une contrainte, un effort…)
– Avoir une discipline de vie (atout ; je suis bien organisé, je m’impose un cadre et des règles de vie, notamment pour l’alimentation, le sommeil, la gestion de mon temps, etc)
– Avoir une discipline à l’entraînement (indispensable ; engagement, implication, concentration, discipline à l’entraînement)
– Donner du sens à ses entraînements (atout ; je possède un pourquoi derrière les exercices, je sais à quoi cela va me servir en compétition)
– Cultiver sa vitesse (atout ; je travaille la vitesse de réaction, la vision du jeu à l’entraînement)
– Affiner ses sensations (indispensable ; je chercher à affiner mes sensations, à être plus précis, à aller plus loin dans la finesse de ma technique)
– Trouver son style (atout ; j’ai trouvé mon style, je sais le définir et le décrire, j’ai un nom et une devise pour définir pour style, je cultive mon style et ma singularité)
– Avoir ses exercices (atout ; j’ai trouvé mes exercices, ceux qui me définissent bien, qui vont avec mon style et mes objectifs)
– Encaisser de la quantité (indispensable ; je suis capable de passer beaucoup de temps à m’entraîner à certaines périodes, j’accède à de nouvelles sensations, ma maitrise de consolide, mon niveau de performance moyen monte dans ces moments là)

Liste des comportements d’excellence en compétition (6 indispensables et 5 atouts) :
– Identifier ses pensées parasites (atout ; je connais mes pensées parasites et apprends à les gérer)
– Avoir des parades et un plans de Je(u) (indispensable ; j’ai des pensées parades pour contrer mes pensées parasites, j’ai un coup fort, un schéma de jeu, une attitude, un nom, une devise, etc sur lesquels me recentrer quand c’est dur)
– Avoir ses routines (atout ; j’ai une routine d’avant match qui me permet d’entrer dans mon personnage de compétiteur et d’être concentré sur l’action)
– Avoir une concentration endurante (indispensable ; je peux fournir un effort de concentration pendant longtemps, je mets la pression avec ma constance, je provoque des pensées parasites chez l’adversaire)
– Savoir se contrôler (indispensable ; je suis capable de ne pas m’énerver malgré la situation, je sais gérer mes nerfs et rester lucide et posé sous la pression)
– Etre un battant (indispensable ; je me bats, je ne lâche pas malgré les difficultés)
– Bien mal jouer (indispensable ; quand j’ai de mauvaises sensations, je l’accepte et je m’efforce de rester concentré, de bien mal jouer, de faire avec les moyens du jour sans me comparer avec mon meilleur niveau)
– Etre amoureux de la pression (atout ; je suis un amoureux de la pression, j’aime quand c’est chaud, j’aime les grands matchs, j’aime les grands adversaires)
– Performer sans avoir trop confiance en soi (atout ; même quand je n’ai pas une grande confiance en moi, je suis capable de m’appuyer sur ma maîtrise technique, d’être combatif, et d’être performant)
– Savoir gagner et savoir conclure (indispensable ; je sais conclure car mon projet est clair, car je n’ai pas de blocages et complexe à gagner ou à réussir, car je sais contrer mes pensées parasites et rester conquérant quand je mène au score, car je sais saisir les opportunité pour prendre le dessus)
– Etre honnête dans l’analyse du combat (atout ; quand j’ai perdu, je ne cherche pas d’excuses ou d’autres responsables que moi-même, j’analyse mes erreurs et ce que j’aurais pu faire mieux)

Liste de comportements d’excellence pour la gestion de carrière (4 indispensables et 7 atouts) :
– Etre en recherche (indispensable ; je suis curieux et avide de tout ce qui peut m’aider à progresser, même lorsque tout va bien)
– Sortir de sa zone de confort (atout ; je suis capable de sortir de ma zone de confort, de vivre des expérinces nouvelles, d’accepter des questionnements inconfortables, de m’entourer de gens compétents pouvant me bousculer, etc)
– Intégrer rapidement des données nouvelles (j’ai une bonne qualité d’écoute et d’assimilation)
– Savoir s’entourer (atout ; je m’entoure de gens compétents et fiables en fonction de mes priorités et objectfs, pas seulement d’amis)
– Savoir investir dans sa carrière (atout ; je suis prêt à investir du temps et de l’argent pour me donner de vrais moyens)
– Affirmer son caractère (indispensable ; je sais affirmer ma singularité, prendre mes propres décisions, m’opposer s’il le faut)
– Entraîner son entraîneur (atout ; j’ai une relation interactive avec mon entraîneur, je sais aussi l’aider à me donner le meilleur de lui)
– Savoir se ressourcer (atout ; j’ai intégré que la récupération est un outil actif qui m’aide à me réguler entre volume et qualité, je sais organiser des temps morts pour récupérer et mieux repartir, je ais identifier les personnes qui me donnent de l’énergie et celles qui m’en prennent)
– Savoir tracer sa route (indispensable ; je sais faire des sacrifices et éviter de me disperser pour mon projet)
– Avoir du savoir-être (atout ; je sais entretenir de bonnes relations avec les autres)
– Aller vers plus d’autonomie (atout ; je sais pendre des décisions par moi-même, mon coach est un conseiller et non mon chef)

 

Auto-évaluer sa performance  mentale

Pour réaliser une bonne performance mentale en compétition, il y a 5 critères à respecter :
– Se conditionner avant le match pour avoir plus de chances de bien débuter
– Bien jouer même quand on ne joue pas à son meilleur niveau (bien mal jouer)
– Ne pas lâcher (être constant, tenir sa tête)
– Sentir ce qui se passe (chez l’adversaire, en moi, reconnaitre les temps forts et les temps faibles, être malin)
– Dominer ses peurs dans les moments tendus pour continuer à attaquer

Après un match, il est donc important d’évaluer chacun de ces critères, avec une note de 1 à 4 (très bon, bon, moyen, mauvais)
L’ensemble donne une note sur 20.
Si la note est inférieure à 15, il est alors important de repérer des failles spécifiques.

Pour réaliser une bonne performance mentale à l’entraînement, il y a également 5 critères à respecter :
– Se préparer avant l’entraînement à se concentrer (sac, nourriture, conditionnement, etc)
– Traiter l’entraînement comme un match (être très concentré et engagé, pousser ses limites quand c’est dur)
– Travailler à régler son problème de caractère (nervosité ou découragement devant l’effort par exemple)
– Etre en relation avec l’entraîneur (qualité d’écoute, apport d’idées, initiatives)
– Tenir sur la longueur

Là encore, il faut évaluer chacun des critères à l’entraînement avec une note de 1 à 4.
Et, si la note est inférieure à 15, il faut là aussi repérer des failles spécifiques.

 

Connaître les 36 régions de la carte du mental

La carte du mental est composé de 36 régions correspondant à des qualités mentales situées à plusieurs niveaux (pays du rêve, vallée du plan, terre de création)

Si ces qualités mentales sont toutes importantes, il peut être intéressant de cibler particulièrement certaines qualités.

Voici la liste des régions du mental :

Le pays du rêve :
1) Prendre son rêve au sérieux (respecter son rêve en se donnant des moyens de réussir, ne pas avoir honte d’agir comme si on allait réussir ; résister aux jugements des autres ; respecter son plan et agir sans chercher à trop expliquer et se justifier)
2) Etre passionné (s’appuyer sur la force de la passion, de l’intérêt irrésistible et exclusif pour une chose ; s’appuyer sur la direction et le sens que la passion donne à la vie ; ne pas avoir peur d’être déraisonnable)
3) Suivre son désir (écouter son désir profond, lier son désir à ses objectifs, faire de son désir son repère, ne pas confondre son désir et celui des autres, faire sauter les inhibitions pour suivre son désir)
4) Avoir un esprit d’explorateur (explorer son domaine, savoir penser par soi-même, savoir sortir des sentiers battus, savoir inventer de nouvelles techniques)
5) Avoir de l’orgueil (se servir de l’orgueil pour se dépasser et rebondir après des échecs ; veiller à laisser l’orgueil de côté dans l’action pour rester concentré)
6) Avoir de l’enthousiasme (cultiver l’enthousiasme, le plaisir, la joie, la gratitude, l’émerveillement, l’admiration)

La vallée du plan :
7) Etre dans la recherche (avoir une soif d’apprendre et de comprendre, être curieux et avide de tout ce qui peut nous faire progresser, être obsédé par les solutions)
8) Avoir de la discipline (avoir un cadre de travail et des règles, créer le cadre qui va nous créer, entrer dans une routine d’efforts, faciliter les routines via leur automatisation)
9) Faire preuve d’intensité (engagement total, efforts intenses, concentration intense ; s’entraîner comme si on était en compétition ; réduire la durée de l’entraînement plutôt que l’intensité)
10) Se fixer des objectifs intérieurs (se fixer des objectifs maîtrisables reposant sur des actions, se focaliser sur ses objectifs intérieurs pour réaliser ses objectifs extérieurs, appliquer son plan et ne pas paniquer lorsque les résultats se font attendre)
11) S’associer à la difficulté (apprécier la difficulté ; se confronter à la difficulté ; sortir de sa zone de confort ; créer des environnements difficiles et des contraintes)
12) Faire des choix (faire des choix personnels ; choisir clairement une voie et en assumer les conséquences ; accepter de faire des sacrifices et renoncer à certaines choses ; prendre des initiatives)
13) Entraîner son entraîneur (s’impliquer dans la relation ; participer ; motiver ; permettre à son entraineur de donner le meilleur)
14) Transformer un handicap en atout (faire éclore le positif dans son handicap ; travailler tellement son handicap qu’il devient un point fort encore plus fort que si on l’avait eu naturellement ; ne pas accepter les étiquettes limitantes ; ne pas se servir d’un handicap comme excuse)
15) Savoir dire non (assumer ses convictions ; exprimer ses choix et idées ; exprimer son opposition)
16) Se libérer du regard des autres (être soi même ; ne pas se concentrer sur le regard des autres et leurs jugements ; ne pas chercher à plaire à tout le monde en essayant d’être ce que l’on n’est pas)
17) Se remettre en question (porter un regard honnête sur soi-même ; chercher constamment à s’améliorer ; se demander comment on pourrait progresser même quand tout va bien ; accepter de déconstruire même un point fort pour pouvoir progresser sur la durée)
18) Avoir de la générosité (savoir donner spontanément sans attendre quelque chose en retour ; faire malgré tout des choix pour ne pas gaspiller sa générosité)
19) Travailler son langage corporel (contrôler son corps pour agir sur son mental ; gérer sa posture, sa respiration, etc)
20) Aller voir ailleurs (fréquenter d’autres milieux ; cultiver d’autres projets ; s’enrichir d’expériences extérieures)
21) Bien mal jouer (ne pas s’attendre à jouer toujours à son meilleur niveau ; avoir des bases sur lesquelles s’appuyer dans un mauvais jour ; élever son niveau moyen par l’entraînement)
22) Faire des mini deuils (accepter le passé ; se concentrer sur le présent ; avoir un rituel pour se recentrer sur le présent après une erreur en compétition)
23) Cultiver sa différence (exploiter son originalité ; construire une identité forte et singulière)

La terre de création :
24) Se concentrer sur ce qu’on peut contrôler (distinguer les choses qu’on ne peut pas contrôler et les choses qu’on peut contrôler ; se contrôler sur les choses qu’on peut contrôler, sur son intensité, sur son action dans le présent)
25) Avoir de la lucidité (rester calme dans l’action, être relâché et fluide ; ne pas forcer)
26) Marier le feu et l’eau (être agressif, puissant et relâché, fluide ; être offensif et posé, précis)
27) Penser au jeu, pas à l’enjeu (avoir un plan de jeu ; appliquer son plan de jeu ; se concentrer sur l’action et non sur l’enjeu)
28) Ne pas changer au moment critique (rester agressif et relâché dans les moments critiques ; continuer d’appliquer son plan de jeu ; se dire que les coups exceptionnels viendront naturellement en restant comme cela ; profiter de la fébrilité probable de l’adversaire)
29) Ne pas surjouer (ne pas forcer son talent et jouer au-delà de ses moyens par manque de confiance en ses qualités de base ; jouer son jeu ; ne pas se laisser impressionner par un quelconque classement ; se dire qu’on joue contre le niveau de performance du jour de l’adversaire ; faire confiance à son mental)
30) Exprimer son animalité (voir son animalité comme une qualité ; ne pas toujours calculer ; faire parfois confiance à son instinct)
31) Ne rien lâcher (être constamment présent, intense, concentré ; placer les relâchements inévitable aux bons moments, en limiter la durée, en limiter les conséquences ; maintenir la pression sur l’adversaire)
32) Accepter la frustration (accepter l’impossibilité de satisfaire immédiatement son désir ; être patient ; voir la frustration comme un défi lancé à sa force mentale ; se concentrer sur les solutions et sur l’action)
33) Avoir une autorité personnelle (construire son autorité autour d’une identité forte et d’une assurance forte)
34) Etre amoureux de la pression (aimer la pression ; se servir de la pression comme d’un stimulant)
35) Se réapproprier le plaisir perdu (accepter la disparition du plaisir lorsqu’on recherche la maîtrise dans la difficulté ; retrouver le plaisir pour améliorer les performances et durer)
36) Relativiser la confiance en soi (ne pas trop misé sur la confiance en soi qui n’est pas forcément indispensable ; travailler surtout sur son plan, sur sa préparation, sur sa concentration, sur sa gestion des émotions, etc)

 

S’inspirer du golf

Le poids du mental est particulièrement fort dans le golf.

Dans ce sport, la précision est en effet vite altérée par des perturbations mentales.

De plus, l’alternance entre des moments « on » et des moments « off » est une difficulté particulière.
Il est donc particulièrement important pour les golfeurs d’avoir des routines de concentration et d’action en fonction du moment.

Lors des coups en compétition, il est aussi particulièrement important pour les golfeurs de lâcher prise (relâchement de la volonté, du contrôle ; immaîtrise) pour laisser l’intelligence du corps agir en toute fluidité.

Assez logiquement, les coachs mentaux sont donc très présents dans le golf, et ce depuis longtemps.

 

Gérer son entourage

Pour un sportif, il est très important de bien s’entourer.

Il faut d’abord bien identifier son désir, et le distinguer de celui des autres.

Ensuite, un sportif doit choisir son entourage et sa garde rapprochée, en fonction de leur compatibilité avec son désir.
Il est souvent nécessaire de clarifier les situations, d’éviter les tiraillements et tensions entre 2 désirs contradictoires (faire plaisir à quelqu’un vs suivre son rêve de sportif, par exemple)

Pour parler aux sportifs, les mots ont une grande importance.
Même s’ils disent la même chose, des mots différents peuvent résonner différemment et avoir un impact très différent sur un sportif.
L’entourage du sportif doit donc chercher les bons mots, en variant, en testant.

Voilà quelques exemples de transformations lexicales qui peuvent faire une différence dans l’esprit d’un sportif :
– Lâche toi… => Tu peux
– Concentre toi => Applique ta routine
– Fais ceci, fais cela => Autorise toi à…
– Sois discipliné => Garde le niveau d’exigence que tu t’es fixé
– Il faut être positif => Choisis l’option qui te tire vers le haut
– Il faut gagner => Donne toi le feu vert pour gagner
– Comporte-toi comme un adulte => Cherche à donner l’exemple
– Fais toi plaisir => Cherche d’abord le plaisir du travail bien fait
– Il faut y croire => Tente quelque chose

Le sportif et son entourage doivent définir des règles de vie et de communication (moments pour parler, contenu, ordre chronologique, forme, moyens de communication, etc)

Le jour du match, les mots de l’entourage doivent avant tout s’orienter vers le lâcher prise pour rester dans le Je(u) (et non vers l’enjeu).
Les piqures de rappel sont donc surtout d’ordre identitaires : rappeler le savoir-faire du sportif (pas celui de l’adversaire), donner du sens à sa présence, mobiliser la fidélité au plan de jeu et au style.

Un sportif peut bénéficier de l’accompagnement d’un spécialiste du mental.

Voici une liste des différents spécialistes du mental :
– Le sophrologue (il modifie les états de conscience avec l’hypnose, des techniques de suggestion et de relaxation dynamique ; il vise l’harmonie de la conscience au niveau sophrolominal via l’imagerie mentale ; il combat les parasites (croyances, émotions, etc) minant nos pensée et nos comportements)
– Le maître en PNL (il vise à construire une boîte à outils de mots et d’images permettant de réguler son état et son comportement)
– Le professeur de yoga (il vise le relâchement musculaire via un travail sur la posture et la respiration)
– Le psychiatre (il vise à diagnostiquer et traiter les maladies mentales, en partie avec des médicaments)
– Le psychologue (il traite des problèmes psychologiques avec des méthodes variées)

Ces spécialistes sont de nature différente, mais les étiquettes traditionnelles tendent à s’estomper.
Les disciplines se mélangent et interagissent, et il n’est donc pas rare que des spécialistes aient une approche plus large que leur titre initial ne l’évoque.

Enfin, voici une liste de questions qu’il est important de poser à un spécialiste du mental pour pouvoir faire le bon choix :
– Pouvez-vous m’aider à préciser ce que je veux ?
– Quel dispositif me proposez-vous ? (lieu, fréquence, contenu, financement)
– Quelle est votre spécialité ? (population, techniques)
– Quelle est la place de mon entraîneur ou de mes parents ?
– Quelle discrétion assurez-vous ?
– Combien ça coûte ?
– Combien de temps ça va durer ?
– Quels sont les dangers ?

Les réponses à ces questions doivent permettre au sportif d’évaluer la personnalité et les motivations du spécialiste, et ainsi voir s’il lui convient.

 

Idées clés et applications du livre

Voir les idées clés et applications du livre

 

Idées clés Application des idées
La performance d’un sportif est aussi morale Identifier ses valeurs
Identifier les valeurs que l’on veut incarner à travers le sport
(e.g. : respect, honnêteté, loyauté, générosité, solidarité, courtoisie, élégance, sens de l’honneur, dignité dans la défaite, humilité, sens de l’aventure, défense d’un idéal)
Ecrire ses valeurs
Voir régulièrement ses valeurs pour les garder en tête
Respecter ses valeurs
Prendre des décisions et agir selon ses valeurs
Corriger le tir lorsque l’on s’éloigne de ses valeurs
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de bien prendre conscience de sa passion et de son désir
Identifier sa passion et son désir liés à la pratique d’un sport
Distinguer sa passion et son désir de ceux de son entourage
Clarifier sa passion pour un sport en décrivant ses sensations liées à cette passion
(sensations lors de la pratique, lors de l’observation, lors des discussions, etc)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de suivre sa passion et
son désir liés à la pratique d’un sport
Définir un rêve général incarnant sa passion et son désir
Prendre son rêve au sérieux en le liant à des objectifs concret et datés, à long terme et à court terme
Faire sauter les inhibitions pour suivre son désir
(travailler ses croyances, s’informer sur les possibilités, rencontrer des personnes du milieu, etc)
Identifier une action clé qui symbolise la poursuite de sa passion, de son désir, de son rêve, et qui engage sur la durée (retour en arrière difficile)
Réaliser cette action clé aussi vite que possible
Agir sur la durée comme si on allait réussir
Faire des actions déraisonnables allant dans le sens de sa passion et de son rêve
Agir sans chercher à trop expliquer et se justifier
(ne pas trop se disperser sur le regard des autres, rester concentré sur ses actions)
Résister aux jugements des autres, les prendre comme des opinions, et non pas comme des vérités
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’entretenir sa passion, son désir, et son rêve
Adopter un esprit d’explorateur
(en explorant son sport, en sachant penser par soi-même, en sachant sortir des sentiers battus, en sachant inventer de nouvelles techniques)
Trouver un équilibre entre plaisir et souffrance
Repérer les moments où la souffrance écrase trop le plaisir pour s’ajuster
Cultiver l’enthousiasme, le plaisir, la joie, la gratitude, l’émerveillement, l’admiration (via des habitudes positives)
Utiliser des jeux pour renforcer la notion de plaisir
Prendre le temps de se ressourcer physiquement et mentalement
Pour s’accomplir
dans le sport,
il peut être utile
de cultiver et d’utiliser
son orgueil
Se servir de l’orgueil pour se dépasser et rebondir après des échecs, pour être productif dans les phases de préparation
Veiller à laisser l’orgueil de côté dans l’action, pour rester concentré sur le jeu (et non sur l’enjeu) et rester relâché
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de s’analyser
Identifier ses qualités et sa personnalité
Identifier ses points forts à perfectionner
Identifier ses points faibles à travailler
Identifier ses handicaps (éventuellement transformables en atouts par un travail malin et intense)
Identifier ses blocages psychologiques à traiter
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de définir sa propre identité et son propre chemin
Avoir conscience qu’il est important de construire une identité forte, singulière, et originale, à partir de ses qualités
(plutôt que vouloir copier un modèle)
Personnaliser et définir sa personnalité, son style, ses idées,
ses objectifs, son plan
Définir son style en le décrivant, en se donnant un surnom,
en se donnant une devise
Définir des objectifs intérieurs maîtrisables, reposant sur des actions
Définir un cadre de travail et des règles
(créer le cadre qui va nous créer)
Cultiver la difficulté dans ses objectifs intérieurs, dans ses exercices (apprécier la difficulté, se confronter à la difficulté, sortir de sa zone de confort, créer des environnements difficiles et des contraintes)
Définir des exercices permettant de travailler sa vitesse de réaction, sa vision du jeu
Définir des exercices personnalisés qui vont bien avec sa personnalité et son style
Définir éventuellement un petit pas exceptionnel
(un exercice, un effort, une contrainte que peu s’imposent)
Se focaliser sur ses objectifs intérieurs (exercices notamment) pour réaliser ses objectifs extérieurs
Chercher à élever son niveau moyen via ses objectifs intérieurs (exercices quotidiens notamment)
(cultiver des bases sur lesquelles s’appuyer dans un mauvais jour, au lieu de s’attendre à jouer toujours à son meilleur niveau)
Faire régulièrement des choix personnels forts
(choisir clairement une voie en assumant les conséquences, accepter de faire des sacrifices et renoncer à certaines choses, prendre des initiatives, accepter d’investir de l’argent dans sa carrière, etc)
Faire des deuils, en acceptant le passé, en se projetant dans le futur, et en se concentrant sur le présent
Savoir dire non (assumer ses convictions, exprimer ses choix et idées,  exprimer son opposition)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’être dans une recherche permanente de progrès
Avoir une soif d’apprendre et de comprendre
Etre curieux et avide de tout ce qui peut faire progresser
Etre obsédé par les solutions
Sortir de sa zone de confort
(fréquenter d’autres milieux, cultiver d’autres projets, vivre des expériences nouvelles, accepter des questionnements inconfortables, s’entourer de gens compétents pouvant bousculer, etc)
Se remettre régulièrement en question en se demandant comment on pourrait progresser et faire mieux, même quand tout va bien
(accepter de déconstruire même un point fort pour pouvoir progresser sur la durée)
Développer une bonne qualité d’écoute et d’assimilation pour intégrer des données nouvelles
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’avoir de la discipline dans son entraînement
Appliquer son plan avec discipline
Respecter notamment ses règles d’entraînement (sans paniquer lorsque les résultats se font attendre)
Entrer dans une routine d’efforts, encaisser de la quantité
Faciliter les routines via leur automatisation
Etre totalement engagé, impliqué, intense, et concentré lors des entraînements (comme si on était en compétition)
Réduire la durée de l’entraînement plutôt que l’intensité en cas de fatigue
Affiner ses sensations à l’entraînement
(chercher à être plus précis, à affiner sa technique)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de donner du sens à ses entraînements
Identifier des raisons derrière les exercices
Lier les exercices aux besoins pour la compétition
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de se ressourcer
Avoir conscience que la récupération est un outil actif
qui aide à se réguler entre volume et qualité
Organiser des temps morts pour récupérer et mieux repartir
Identifier les personnes nous donnent de l’énergie
Identifier les personnes qui nous prennent de l’énergie
Orienter ses temps morts vers les personnes nous donnant de l’énergie
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’avoir de la discipline dans sa vie
S’imposer un cadre et des règles de vie
Soigner notamment son sommeil, son alimentation,
et la gestion de son temps
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de travailler son
langage corporel
Avoir conscience que le langage corporel impacte le mental
Travailler sa respiration
Travailler sa posture
Travailler sa gestuelle
Travailler ses expressions faciales
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de cultiver de
bonnes relations
S’entourer de gens compétents et fiables (pas seulement d’amis), en fonction de ses priorités et objectifs
Développer son savoir-être pour entretenir de bonnes relations avec les personnes importantes de son entourage
Entraîner son entraîneur
(s’impliquer dans la relation, participer, motiver son entraîneur, permettre à son entraineur de donner le meilleur)
Aller vers plus d’autonomie
(considérer les personnes de son entourage comme des conseillers et non pas comme des chefs, pendre des décisions par soi-même)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de faire preuve
de générosité
Apprendre à donner spontanément
(sans attendre quelque chose en retour)
Faire malgré tout des choix pour ne pas gaspiller sa générosité
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de se libérer du regard des autres
Etre soi même
Ne pas se concentrer sur le regard des autres et leurs jugements
Ne pas chercher à plaire à tout le monde en essayant d’être
ce que l’on n’est pas
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’avoir un plan de jeu
Définir son identité de jeu, son projet de jeu
(une force, une chose que l’on sait bien faire, une attitude payante, une tactique payante)
Définir son nom de scène (ou animal fétiche) lié à son identité de jeu
Définir sa devise, liée à son identité de jeu
(exemple : « l’abeille n’espère pas, elle pique »)
Définir sa pensée parade (petite action ou intention de jeu) pour se mettre dans le bain
Définir sa pensée parade pour neutraliser et chasser les pensées parasites (notamment dans les moments difficiles)
Définir ses actions parades, ses routines, ses rituel de calme ou de bonne attitude, permettant d’entrer dans son personnage de compétiteur et d’être concentré sur l’action
(exemples : relâcher ses bras, respirer un grand coup, etc)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de se concentrer sur le jeu (et non sur l’enjeu)
Distinguer les choses qu’on ne peut pas contrôler et les choses qu’on peut contrôler
Se concentrer sur ce qu’on peut contrôler, sur son intensité, sur l’application de son plan de jeu, sur son action dans le moment présent
Repérer lorsque sa concentration s’évade, repérer l’arrivée de pensées parasites
Se recentrer rapidement sur son action présente,
notamment à l’aide des pensées parades
Développer une concentration intense et endurante,
en exerçant sa concentration
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de rester intense
et relâché
sous la pression
Apprendre à aimer la pression, à considérer la pression comme un stimulant, à se servir de la pression comme stimulant
Concilier l’intensité et le relâchement
(être agressif, puissant, offensif ; ainsi que relâché, fluide, posé, précis)
Rester intense et relâché dans les moments critiques
Continuer d’appliquer son plan de jeu
Se dire que les gestes exceptionnels viendront naturellement en restant comme cela
Profiter de la fébrilité probable de l’adversaire
Ne pas surjouer
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de bien gérer ses émotions (au-delà de la pression et de la peur)
Prendre conscience de l’arrivée d’une émotion négative
(comme la frustration, la colère)
Prendre du recul sur l’émotion
(faire une pause physique et mentale, accepter l’impossibilité de satisfaire immédiatement son désir)
Voir la frustration comme un défi lancé à sa force mentale
Se concentrer sur les solutions et sur l’action
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’exprimer son autorité personnelle
Construire son autorité personnelle autour d’une identité forte et d’une assurance forte
Exprimer son animalité
(voir son animalité comme une qualité, ne pas toujours calculer, faire parfois confiance à son instinct)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de savoir
« bien mal jouer »
Accepter les mauvaises sensations
S’efforcer de rester concentré, de gérer ses émotions,
de bien mal jouer, de faire avec les moyens du jour
(sans se comparer avec son meilleur niveau)
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de ne rien lâcher
dans l’intensité
Maintenir la pression sur l’adversaire en étant constamment
présent, intense, concentré
Placer les relâchements inévitables aux bons moments
Limiter la durée des relâchements
Limiter les conséquences des relâchements
Se battre, persévérer, ne rien lâcher malgré les difficultés
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de savoir gagner
et savoir conclure
Veiller à avoir un projet clair
Veiller à ne pas avoir de blocages et complexes à gagner ou à réussir
Contrer ses pensées parasites et rester conquérant lorsqu’on mène au score
Repérer et saisir les opportunités pour prendre le dessus
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
d’être honnête dans l’analyse de ses performances
Ne pas chercher d’excuses ou d’autres responsables que soi-même après une défaite
Analyser ses erreurs et ce que l’on aurait pu mieux faire
Tirer des leçons de ses erreurs avec des décisions et des actions pour les corriger
Pour s’accomplir
dans le sport,
il n’est pas nécessaire
d’avoir une grande confiance en soi
Relativiser l’importance de la confiance en soi
Avoir conscience que la confiance en soi n’est pas forcément indispensable pour être performant
Avoir conscience que l’essentiel est de ne pas avoir de blocages
Travailler surtout sur son plan, sur sa préparation, sur sa concentration, sur son intensité, sur la gestion de ses émotions, etc
Pour s’accomplir
dans le sport,
il est important
de se réapproprier
le plaisir perdu
Accepter la disparition du plaisir lorsqu’on recherche la maîtrise dans la difficulté
Retrouver le plaisir régulièrement pour améliorer les performances et durer (enlever un peu de contraintes et ajouter du fun, au moins temporairement)

 

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